|
La simplicité volontaire : Avenir ou Retour en arrière ?
La simplicité volontaire est un mouvement de société actuelle,
à base plus individuelle qu'institutionnelle, qui propose à chacun de réduire sa dépendance à l'argent et à la vitesse, à libérer du temps pour la communauté plutôt que de l'utiliser pour gagner plus d'argent, de favoriser les comportements écologiques et respectueux de la société : le temps libéré ainsi doit être employé à un effet débond, plutôt qu'un effet rebond.
On peut tracer son origine en Europe dans les écrits de Léon Tolstoï et de John Ruskin (Unto This Last). Il est représenté, par exemple, par le mouvement des Compagnons de Saint François ou encore les Communautés de lArche de Lanza del Vasto, inspiré par Gandhi, lui-même inspiré par Ruskin
Il existe aussi en Amérique du Nord, et particulièrement au Canada, sous l'influence de penseurs comme Serge Mongeau et des éditions Écosociété.
Les fondements
L'idée est de chercher la simplification pour améliorer sa qualité de vie. Cette philosophie de vie est née du constat que la consommation n'apporte pas le bonheur et accroît l'aliénation. Dans la société de consommation, on consacre son temps à gagner toujours plus d'argent pour satisfaire des besoins matériels de plus en plus nombreux qui pourtant ne seront jamais satisfaits en raison de leur renouvellement incessant. L'idée de la simplicité volontaire est de moins consommer, donc d'avoir moins besoin d'argent et moins besoin de travailler. En diminuant la contrainte de la consommation et du travail, on gagne alors du temps pour ce qui est important pour soi.
De façon très péjorative, on dit de quelqu'un qu'il rêve de simplicité volontaire lorsqu'il n'a pas (ou plus) les moyens pécuniaires suffisants pour assumer à plein ses envies de consommation. L'expression est alors ironique : la simplicité n'a ici plus rien de volontaire, elle est envisagée comme un pis-aller pour tenter de se raisonner de ses envies consuméristes, et plus du tout comme une philosophie ni un choix de vie.
La simplicité volontaire n'est pas la pauvreté ni le sacrifice.
C'est un choix de vie délibéré. À ce propos, nous pourrions citer une maxime du philosophe Henri Bergson : "Ce qui est beau, ce n'est pas d'être privé, ni même de se priver, c'est de ne pas sentir la privation". D'ailleurs, le philosophe français a écrit avec une grande perspicacité, dans le dernier chapitre de son dernier livre Les deux sources de la morale et de la religion un diagnostic de la situation dans laquelle nous nous trouvons présentement face au problème de la surconsommation : "Jamais, en effet, les satisfactions que des inventions nouvelles apportent à d'anciens besoins ne déterminent l'humanité à en rester là ; des besoins nouveaux surgissent, aussi impérieux, de plus en plus nombreux. On a vu la course au bien-être aller en s'accélérant, sur une piste où des foules de plus en plus compactes se précipitaient. Aujourd'hui, c'est une ruée." (1932) la simplicité volontaire se veut justement comme une solution à cet engouement pour les produits de consommation que prévoit Bergson. En précurseur de ce courant, il précise les conditions de réalisations de cet idéal comme suit : "l'avenir de l'humanité reste indéterminé, parce qu'il dépend d'elle." Il faudrait donc miser, selon Bergson, sur une éducation qui permet à la fois de comprendre l'impact de notre consommation grâce aux connaissances scientifiques et à la fois de développer notre goût pour des objets qui favorisent véritablement notre accomplissement personnel.
Source : wikipedia |